Rhône-Alpes est, avant tout, une région de polyculture et de maraîchage. Les Ets Perriol participent à la distribution des semences

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La récolte et le stockage

Voici la conduite à tenir

pour optimiser la qualité de votre production

de pomme de terre

dernière mise à jour le 18/09/2017

 - STOCKAGE & conservation

     Le bâtiment de stockage

Les pommes de terre sont vivantes et respirent en dégageant de la chaleur et de l'eau.

En cours de stockage, le tas ne doit ni s'échauffer, ni trop se refroidir. La transpiration des pommes de terre ne doit pas entraîner de condensation sous peine de développement de pourritures. La qualité des pommes de terre sera maintenue d'autant mieux que :

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la hauteur de stockage ne dépasse pas 3,50 m ;

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les conditions d'ambiance (température et hygrométrie à l'intérieur des tas et dans le local) sont maîtrisées par une ventilation dynamique régulée avec possibilité de réchauffer ou de refroidir l'air ;

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le local sera parfaitement isolé (murs et plafonds) ;

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enfin, le local sera sombre pour éviter le verdissement.

 

Aménagement de locaux existants pour stockage individuel

Surface nécessaire pour stocker 1 hectare (40 tonnes) sur 3,5 m de haut : 2,3 tonnes/m2 ou 0,45 m2/tonne

pour 1 ha = 18 m2

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 hauteur sous plafond: 3,50 m+ 1 m pour avoir un volume d'air suffisant

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 le sol doit être bétonné

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 les parois doivent pouvoir résister à la poussée du tas. Pour un stockage sur 3,50 m de haut, la poussée contre le mur au bas du tas est de 920 kg par mètre linéaire.

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 le bâtiment doit être suffisamment étanche pour permettre la ventilation en circuit fermé sans perte de chaleur.

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 réalisation de l'isolation :

 

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des murs : en raison de la poussée et des risques de choc, il vaudra mieux réaliser une isolation extérieure;

 

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du plafond : Sous la charpente ou par plafond suspendu, bien veiller à prendre un isolant peu perméable à la vapeur d'eau, sinon bien veiller à placer un pare-vapeur sur les deux faces.

 

 

La face "intérieur" de l'isolant doit être facilement nettoyable pour permettre la désinfection du local.

NB: Des séparations intérieures doivent permettre d'individualiser des lots différents (variétés, conditions de récolte différentes, etc.). Chaque lot doit pouvoir être ventilé séparément.

 

Le conditionnement thermique de l'air

Dans la mesure du possible, on fera appel à l'air extérieur la nuit, pour refroidir le tas et, la journée, à l'air ambiant, en circuit fermé, avec le dégagement naturel de chaleur par les pommes de terre pour chauffer le tas.

Mais cela sera insuffisant :

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en forte période de gel prolongé, il faudra obligatoirement avoir recours à un procédé thermique d'appoint pour maintenir la température des tas au niveau voulu,

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pour un stockage de fin de campagne, il faudra alors disposer également d'un système de réfrigération.

NB: La température des tas doit être régulièrement contrôlée au moyen de thermomètres sondes. Ceux-ci peuvent servir en outre à piloter automatiquement la ventilation et le contrôle de l'ambiance dans les plus grosses installations.

 

   La conduite du stockage et de la ventilation

 

A la réception: sécher la récolte et favoriser la cicatrisation

Malgré toutes les précautions prises à la récolte et au transport, on ne peut pas éviter un minimum de blessures, même superficielles...

En maintenant la température du tas en-dessus de 12°C, on considère que la cicatrisation a lieu en 15 jours pour une température de 15°C à 20°C. Pour des températures plus basses, il faudra plus longtemps. De même, dans le cas où on rentre des pommes de terre mouillées.

 

 Abaissement progressif de la température des tas jusqu'à 8°C (en 15 jours) puis maintien de cette température.

 

 Traitement anti-germinatif

Ce traitement est indispensable si le stockage doit durer plus de deux mois.

Il consiste à mettre les tubercules en contact avec des produits chimiques inhibiteurs de la germination: ils agissent par vapeur. Ils existent en poudre ou en liquides thermonébulisables.

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 Les doses à utiliser seront fonction de la durée de la conservation (5 grammes de matière active/tonne/3 mois). Les teneurs en résidus à la consommation sont réglementées.

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Ces produits doivent être appliqués sur des tubercules secs et cicatrisés sous peine de provoquer des altérations, voire des brûlures de la peau.

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par poudrage: seule technique utilisable pour des stockages précaires sans installations de ventilation des tas. Le poudrage ne pouvant se réaliser qu'à la mise en tas:

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il ne pourra s'appliquer sans risques qu'à des tubercules récoltés murs, propres et secs;

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il sera disponible de ré-intervenir par la suite , donc la durée du stockage devra être connue avec suffisamment de précision dès le départ pour calculer au plus juste la quantité de produit à utiliser

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par thermonébulisation : technique plus souple d'emploi, ce permet 

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de traiter avec des doses plus faibles (pas de risques de brûlure),

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de traiter après la cicatrisation,

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et de ré-intervenir tout au long de la conservation jusqu'à un mois avant la livraison. La nébulisation nécessite l'emploi d'appareils spécifiques générateurs de brouillard.

 

Réchauffage du tas avant reprise

A 8° C, les pommes de terre sont très sensibles aux chocs. Avant de les reprendre, il faudra donc les réchauffer jusqu'à 12°C au minimum.

        

Désinfection des locaux

Celle-ci doit impérativement avoir lieu avant de rentrer une nouvelle récolte. Elle a pour but de détruire tous les germes de maladies fongiques et bactériennes qui pourraient affecter la nouvelle récolte au cours du stockage (fusarioses, herwinia... etc.).

Après lavage, la désinfection sera réalisée :

-soit par lessivage (matériaux étanches) avec du crésyl, du formol, de l'eau de javel... en solution ;

-soit par fumigation dans des locaux hermétiquement clos avec des vapeurs d'anhydride sulfureux ou de formol qu'on laisse agir pendant 12 heures (ventilation en marché en circuit fermé ) puis on aère.